Je suis allée voir 1981 et c'était vraiment un très bon moment. Très touchant, très drôle et franchement très juste.
Avoir 11-12 ans, c'est passer de l'enfance à l'adolescence et c'est une très courte période où on découvre soudainement que la vie est beaucoup plus complexe qu'on le pensait. Tout à coup, il faut s'ajuster: l'amour par exemple, de toute nature, se complique à cet âge. On tombe en amour avec le sexe opposé, on n'aime plus ses parents de la même façon, on leur découvre des défauts qu'on n'aurait jamais soupçonné, on commence à ressentir l'amitié plus profondément, on découvre les véritables avantages et conséquences du mensonge et de la tromperie, on en expérimente toutes les nouvelles émotions, tout se mêle et on a alors de la difficulté à rester connecté à la personne qu'on savait être il y a deux, trois, six mois...
Dans 1981, on arrive très bien à exposer cette période de façon réaliste, et lorsqu'on s'identifie à l'époque en plus, c'est un petit bonus de souvenirs!
J'écoutais récemment un documentaire sur l'écriture de la série «Seinfeld», et les scripteurs invités expliquaient comment Larry David et Jerry Seinfeld avaient un sens aiguisé pour reconnaître ce qui allait être drôle ou pas dans tout le matériel écrit qu'ils leurs soumettaient. Larry raconte plus tard que ce n'était pas un instinct de ce qui est drôle ou pas qui le conduisait vers la décision d'accepter ou pas telle ou telle blague dans un scénario, mais bien plutôt d'arriver à déceler s'il y avait du «vrai» dans ce qu'on y racontait. En partant de l'idée que tout au fond de chaque être humain sommeille les mêmes désirs secrets, les mêmes envies refoulées ou les mêmes pensées non-exprimées, il suffisait pour lui de ne retenir que les idées de cette nature et de les faire ressortir par l'écriture dans des situations où elles seraient totalement exposées. C'est comme ça qu'il savait si quelque chose allait non seulement être drôle, mais que ça allait être drôle pour beaucoup, beaucoup de gens.
Trogi, je pense, a compris ça; il a cette manie d'aller puiser dans la véritable nature humaine, de la mettre à nu dans le cadre de la vie d'une personne et d'ensuite exposer cette personne dans toute sa vulnérabilité. Ce qui en ressort est un humour viscéral et un récit qui touchera toute personne qui demeure intègre face à elle-même.
Ce qui est fondamentalement vrai pour quelqu'un ne peut pas se transformer en une oeuvre qui ne touche personne.
samedi 3 octobre 2009
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