Wow, un film complètement indépendant, donc avec la liberté d'inventer n'importe quoi, de véritablement explorer le scénario sans restrictions, sans obligation d'être «politically correct», et avec un souci du détail esthétique digne d'un concepteur de jeux vidéos, produit par nul autre que le grand maître du Seigneur des anneaux: Peter Jackson. C'est un chef-d'oeuvre, tant au niveau artistique que philosophique, à mon sens.
Je ne suis pas comme ma super-collègue spoiler, donc je ne vous donnerai aucun détail concernant l'intrigue. Tout ce que je vous dirai là-dessus, c'est qu'à prime abord, l'intrigue est assez ordinaire. Rien de bien nouveau; là où les choses deviennent intéressantes, c'est dans le traitement.
Par exemple, dans ce film, les extra-terrestres n'ont pas atterri «à New York, au-dessus de Wall street pour voler tout leur beau cash à nos super-héros américains qui vont s'occuper de ces bestioles et sauver la planète de l'extermination dont les humains sont devenus victimes», là.
Non, ils ont atterri en Afrique du Sud.
Là où on a traité les noirs majoritaires comme de la vermine et où on les a étiquetés comme «non-blancs» pendant des décennies, là où on a connu l'Apartheid, là où mieux que quiconque sur cette planète on a connu les effets de l'exclusion et du racisme, et les conséquences de replier un groupe sur lui-même en lui inculquant que le reste du monde est indifférent à sa cause. C'est frappant de voir un groupe opprimé pendant tant d'années refaire la même chose dont il a été victime à un autre groupe. C'est un cycle de victime, très «humain», et bon, c'est juste un film et au niveau de l'intrigue, ce n'est qu'un détail insignifiant, mais ça apporte un support énorme à la charge sociologique du film.
J'ai lu plusieurs articles à propos de ce film et tous ne s'entendent pas sur les intentions du réalisateur, Neill Blomkamp, à avoir voulu ou non faire un parallèle avec l'Apartheid, ou enfin, la situation politique que l'Afrique du sud a subi très longtemps. Mais, je considère quand même un drôle de hasard, compte tenu qu'il est lui-même originaire d'Afrique du sud, que la situation dans ce film soit si près de ce qu'a pu être un jour la réalité en Afrique du sud, et aussi de ce qui est encore la réalité dans plusieurs pays du tiers-monde...
J'aime l'implication sociale qu'on a donné à ce film, j'aime que ce ne soit pas qu'une histoire d'horreur où les extra-terrestres sont venus ici pour nous manger, ou qu'une histoire de guerre où on chasse des méchantes bibittes qui sont ici uniquement pour nous exterminer et voler nos ressources.
J'aime qu'on tourne le fer dans la plaie de la bêtise humaine, puisque nous sommes si souvent si cons, et qu'on effleure au passage la notion de pardon. J'aime qu'enfin on nous mette en pleine face un scénario équilibré, c'est à dire que bien que ce ne soit qu'un film et que oui, on veut aussi nous faire passer un bon moment divertissant devant l'écran, on ne néglige pas l'intrigue au profit du sensationnalisme.
Oui, il y a des explosions, des guns et du sang, mais ici rien de tout ça n'est gratuit. L'humain est un être avec un large spectre de réactions et de sentiments, et sa violence est bien réelle; il lui arrive d'être très destructeur dans sa quête de pouvoir.
L'humain et sa nature sont le noyau central de cette oeuvre et je crois que c'est pour cette raison que ce film m'a tant plu.
Ah, et en passant, je suis allée le voir au cinéma Scotia en présentation HD; c'était ma première expérience HD en salle régulière (pas IMAX), et j'avoue que franchement, c'est un gros gros plus.
Je ne suis pas comme ma super-collègue spoiler, donc je ne vous donnerai aucun détail concernant l'intrigue. Tout ce que je vous dirai là-dessus, c'est qu'à prime abord, l'intrigue est assez ordinaire. Rien de bien nouveau; là où les choses deviennent intéressantes, c'est dans le traitement.
Par exemple, dans ce film, les extra-terrestres n'ont pas atterri «à New York, au-dessus de Wall street pour voler tout leur beau cash à nos super-héros américains qui vont s'occuper de ces bestioles et sauver la planète de l'extermination dont les humains sont devenus victimes», là.
Non, ils ont atterri en Afrique du Sud.
Là où on a traité les noirs majoritaires comme de la vermine et où on les a étiquetés comme «non-blancs» pendant des décennies, là où on a connu l'Apartheid, là où mieux que quiconque sur cette planète on a connu les effets de l'exclusion et du racisme, et les conséquences de replier un groupe sur lui-même en lui inculquant que le reste du monde est indifférent à sa cause. C'est frappant de voir un groupe opprimé pendant tant d'années refaire la même chose dont il a été victime à un autre groupe. C'est un cycle de victime, très «humain», et bon, c'est juste un film et au niveau de l'intrigue, ce n'est qu'un détail insignifiant, mais ça apporte un support énorme à la charge sociologique du film.
J'ai lu plusieurs articles à propos de ce film et tous ne s'entendent pas sur les intentions du réalisateur, Neill Blomkamp, à avoir voulu ou non faire un parallèle avec l'Apartheid, ou enfin, la situation politique que l'Afrique du sud a subi très longtemps. Mais, je considère quand même un drôle de hasard, compte tenu qu'il est lui-même originaire d'Afrique du sud, que la situation dans ce film soit si près de ce qu'a pu être un jour la réalité en Afrique du sud, et aussi de ce qui est encore la réalité dans plusieurs pays du tiers-monde...
J'aime l'implication sociale qu'on a donné à ce film, j'aime que ce ne soit pas qu'une histoire d'horreur où les extra-terrestres sont venus ici pour nous manger, ou qu'une histoire de guerre où on chasse des méchantes bibittes qui sont ici uniquement pour nous exterminer et voler nos ressources.
J'aime qu'on tourne le fer dans la plaie de la bêtise humaine, puisque nous sommes si souvent si cons, et qu'on effleure au passage la notion de pardon. J'aime qu'enfin on nous mette en pleine face un scénario équilibré, c'est à dire que bien que ce ne soit qu'un film et que oui, on veut aussi nous faire passer un bon moment divertissant devant l'écran, on ne néglige pas l'intrigue au profit du sensationnalisme.
Oui, il y a des explosions, des guns et du sang, mais ici rien de tout ça n'est gratuit. L'humain est un être avec un large spectre de réactions et de sentiments, et sa violence est bien réelle; il lui arrive d'être très destructeur dans sa quête de pouvoir.
L'humain et sa nature sont le noyau central de cette oeuvre et je crois que c'est pour cette raison que ce film m'a tant plu.
Ah, et en passant, je suis allée le voir au cinéma Scotia en présentation HD; c'était ma première expérience HD en salle régulière (pas IMAX), et j'avoue que franchement, c'est un gros gros plus.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire