mardi 10 novembre 2009

L'exhibition du nombril politique

J'écoutais la radio ce matin et ça m'a frappé...

C'est pas un peu bizarre, cette façon qu'ont les médias de rapporter les résultats d'une élection?
«Le parti X a réussi à arracher le comté Y des mains du parti Z...»
C'est une élection; ne devrait-on pas plutôt dire:
«C'est au parti X que les citoyens du comté Y ont décidé d'accorder un mandat...» ????

Nous somme en démocratie: le pouvoir au peuple. Or, lorsque le peuple a voté, donc pris une décision, publiquement on renvoie son geste à la lutte entre les partis comme si la guéguerre entre eux avait plus d'importance. Comme si, si le parti X a gagné l'élection, ce n'est que parce qu'il est formé de gens forts, influents et charismatiques qui ont réussi à «gagner» des votes, à «gagner» la confiance des gens, et non en tout premier lieu parce que les gens veulent que se concrétise ce en quoi ce parti dit se représenter...
Pourquoi?
Pourquoi on ne renvoie pas, en information publique, le regard des gens sur leurs décisions? Pourquoi préfère-t-on donner la tribune à des politiciens qui n'offrent que de belles phrases dépourvues de sens? Pourquoi accorde-t-on autant d'importance au vide?

C'est Gil Courtemanche à Tout le monde en parle qui a dit, dimanche dernier que ce n'est pas l'attitude de la race humaine en temps de guerre qui le rend cynique, mais plutôt la télévision, qui elle, donne un angle bien précis à l'information qu'elle en fait.
C'est bien dit...

Parce que, ça doit avoir un impact sur le faible taux de participation aux élections, toute cette pseudo-information, non?
De se faire dire pendant toute la période électorale et post-électorale que untel va «voler la victoire» à l'autre et que l'autre est fâ-fâché contre unetelle parce qu'elle change de camp et que l'autre tel de l'autre parti a pas fait ci et a pas fait ça, mais que finalement on sait jamais ce que lui-même va faire s'il est élu...
De se faire raconter toutes leurs petites histoires et leurs petits potins de chicanes de partis, de les observer se regarder le nombril dans leurs grosse bulle perméable à l'évolution, au lieu d'avoir des vraies informations sur des nouvelles idées, des programmes, des projets et l'application des promesses électorales...
Un moment donné, je comprends que ça tappe sur le système des personnes qui vivent dans la vraie vie, ça.

1 commentaire:

Catherine a dit…

Salut Isa, moi aussi je trouve cela choquant, cette façon de décrire les choses, mais je suis surtout désabusée de notre démocratie.

Aux États-Unis, depuis des dizaines d'années, le partie qui gagne est systématiquement celui qui avait le plus d'argent pour sa campagne.

Je vote encore, car je crois qu'il y a tout de même une différence selon qui gagne et quel parti. Par contre, je me rends compte de plus en plus que ce n'est plus à ce niveau que la différence pourrait se faire. Depuis l'arrivée du néo-libéralisme, les grandes multinationales et leurs dirigeants sont ceux qui dirigent vraiment.

Bref, je me dis que la seule façon d'y trouver une porte de sortie est de militer avec les altermondialistes. Car peu importe le parti, peu importe sa bopnne volonté, il ne peut pas agir véritablement tant qu'il y aura les hyper-riches-dirigeants au-dessus d'eux.

Finalement, peut-être que la façon de décrire les élections reflètent ce qu'est devenue notre pseudo-démocratie.